Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 01:10

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Par arachnimodo - Publié dans : Pensées
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Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 15:23

Une planète jumelle de la Terre vient d'être découverte.

La société Transespace organise des voyages vers cette planète.

Mon épouse refuse de m'accompagner.

Arrivé sur cette planète jumelle de la Terre, je me retrouve face à moi-même, accompagné de mon épouse.

Une différence cependant me frappe avec la Terre : ici tout le monde est exquis, même "moi", même mon épouse.

Cependant, la nuit tombant, "moi" m'entraîne vers un gros œuf de métal bosselé. Nous y pénétrons et nous nous y enfermons.

A peine sommes nous installés que des coups sourds de plus en plus violents résonnent sur l'œuf.

C'est ma femme, me dit "moi". La nuit, elle devient terrible, elle me tuerait.

Pourquoi, alors, ne pas vous en débarrasser le jour, quand elle est innocente ?

Cela m'est impossible, le jour, je suis innocent moi aussi, et la nuit, j'ai trop peur. Mais toi, tu pourrais m'en débarrasser.

Et voilà qu'à midi, je me trouve casqué sur une moto, une arme à la main et qu'apercevant "son" épouse à la terrasse d'un café je fais feu et je m'enfuis. Directement vers la fusée.

Le voyage de retour se passe sans encombres.

A ma descente de la fusée, surprise : la police m'attend.

- Votre femme a été assassinée à la terrasse d'un café, par un motard. Vous êtes en état d'arrestation.

- Pas possible, je dis, j'étais dans l'espace, sur la Terre jumelle.

- Ah oui, vous voulez parler de ce simulateur de vol, il ne vous fournira pas un alibi assez solide.

- Dis donc, Arthur, c'est vrai que les gens sortent bizarres de cette nouvelle attraction. Je me demande s'il ne faudrait pas la fermer provisoirement et lancer une enquête.




Par arachnimodo - Publié dans : Fiction
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Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 13:27

ROM

Imprécations de Hortefeux , v. 1301-1318

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ab/Brice_Hortefeux.jpg/225px-Brice_Hortefeux.jpg

Les gens du voyage

http://www.musee-ceret.com/collections/1182243890_85.jpg

Rom, l'unique objet de mon ressentiment !
Rom, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rom qui t'a vu naître, et que ton coeur adore !
Rom enfin que je hais parce qu'elle t'honore !
Puissent tous ses voisins ensemble conjurés
Saper ses fondements encor mal assurés !
Et si ce n'est assez de toute l'Italie,
Que l'Orient contre elle à l'Occident s'allie;
Que cent peuples unis des bouts de l'univers
Passent pour la détruire et les monts et les mers !
Qu'elle même sur soi renverse ses murailles,
Et de ses propres mains déchire ses entrailles !
Que le courroux du Ciel allumé par mes voeux
Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !
Puissé-je de mes voeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre,
Voir le dernier Roumain à son dernier soupir,
Moi seul en être cause et mourir de plaisir !

Par arachnimodo - Publié dans : Pensées
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Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 11:27
Plus on vieillit, plus on est mortel.
Plus on se sent mortel.
Plus on peut se sentir mortel.
Plus on est reconnaissant à la vie.
Si elle ne nous a pas trop maltraités.
Les morts ne souffrent pas.
Je l’espère.
Toute vie aspire à l’éternité.

Par arachnimodo - Publié dans : Pensées
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Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /Août /2009 11:49

"Nul n'est parfait ! " pensa-t-il en tournant la petite clé d'or. "Pourtant j'ai bien cru un moment que celle-là était la bonne."

Il remit la clef dans sa poche et monta tristement les escaliers du donjon.

La plaine était déserte. La poussière était retombée après son dernier passage, blanchissant par endroits l'herbe des bordures.

 

Le silence régnait sur le château solitaire. Un petit nuage noir flottait dans le ciel. Ses yeux s'embuèrent. Les chevaux hennissaient dans l'écurie. Le vieux chien vint se frotter contre ses jambes.

Au mur, les torches fumaient en grésillant. Dans l'immense cheminée, le feu se mourait. Le froid de la nuit se mit à l'envahir peu à peu.

 

Le soleil avait disparu derrière l'horizon dans un dernier rougeoiment. Il se rappela les noëls anciens, le petit Jésus et la vierge Marie, le visage désolé du malheureux Joseph qui s'état vu ravir le droit de paternité par un seigneur plus puissant.

Droit de cuissage, des milliers de Joseph ont pleuré dans les chaumières pendant qu'on déflorait leur pucelle.

Ils ont regardé leurs aînés d'un oeil soupçonneux, traquant les moindres signes de noblesse comme les tares de la bâtardise.

 

Son père avait le même regard triste ; le suzerain avait honoré les noces de sa présence, et l'enfant qui était venu neuf mois plus tard avait le même regard empreint de folie que le seigneur à la chevelure bleue.

Il avait grandi au milieu des femmes et passait des journées entières à contempler les cheveux de sa mère et ses doigts si fins occupés à un ouvrage de broderie. Dieu sait à quoi elle rêvait tandis qu'elle maniait imperturbablement l'aiguille.

 

Puis ce furent le premier destrier, les premières armes, les premiers tournois.

Des dames se penchaient aux balustrades pour admirer les jouvenceaux.

Dans le tourbillon des combats, il oubliait les douceurs enfantines et sa salive prenait un goût de sang.

Il avait lu les Saintes Ecritures et l'histoire de Jean-Baptiste s'était fortement gravée dans sa mémoire.

Chaque nuit, le même mauvais rêve revenait : une ravissante danseuse au teint olivâtre venait apporter une tête sur un plateau, et ce sanglant trophée se reflétant dans l'argent étincelant avait son propre visage, triste comme celui de Joseph dans la crèche.

C'est ainsi qu'un jour d'orage, il pénétra dans la chambre de sa mère au milieu des éclairs.

Son père se mit à errer dans les couloirs du château en appelant sa femme.

Un matin, on repêcha le corps amaigri du vieillard qui flottait à demi dans l'eau verte entre deux touffes de nénuphars.

De ce jour, la barbe du fils se mit à pousser.

Un à un les serviteurs abandonnèrent le château.

Un matin de printemps, il était parti sur la route, en quête d'une aventure. Gens et bêtes s'écartaient de son passage en observant son allure farouche.

Il revint cependant, au bout de sept semaines, accompagné d'une jouvencelle à la longue chevelure et aux doigts fins, suivie de trois jeunes pages.

Le château reprit vie. Chants et danses se succédaient. Des jongleurs et des trouvères accouraient de partout.

Un peintre, même, était venu d'Italie, il voulait faire le portrait de la dame. Le tableau fut accroché au mur, dans la grande salle. Chacun s'exclamait devant le chef d'oeuvre, commentant l'étrange sourire.

Seul le châtelain demeurait sombre et muet, les flammes de la cheminée jetaient de fantastiques reflets sur le visage immobile et l'animaient.

Il fut saisi soudain d'une ressemblance, ses yeux s'injectèrent et il se précipita vers la chambre de la jeune épousée.

Deux jours après, le château vidé de ses gens, notre homme repartait sur les routes, chevauchant mélancoliquement, avec dans le regard je ne sais quoi de trouble.

Cinq fois de suite, il revint et repartit, le château s'emplit et se vida. Aucune épouse ne trouvait grâce à ses yeux.

Pour la sixième fois, il revint. Cette fois, il était allé bien loin.

En chemin, il avait croisé un certain Frédéric.

A son côté, une perle d'Orient, d'une rare sveltesse, au corps ondoyant, moulé pour la danse.

Enfin, il avait trouvé cette perfection que seul le rêve apporte, sa main tenait ce précieux rayon de lune que plus d'un a tenté de saisir dans un accès de délire.

Son coeur était gonflé de triomphe, cependant sa gorge se noua, un fer froid s'abattit sur sa nuque et il lui sembla entrevoir un plat d'argent dans les mains de sa danseuse.

Par arachnimodo - Publié dans : Fiction
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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /Août /2009 15:22

Une fois de plus ses résolutions s'évanouïrent, la fatigue le submergeait, la vie instinctive reprenait ses droits.

Gilar la blonde, son nez si mince, demeurait imprégnée sur sa rétine. Les chacoyans hurlaient au loin. Colère ou détresse infinie.

Qui dira la solitude des monstres ?

Dans le ciel dansait une bulle de savon qui pétrifiait les lumières de la ville. L'odeur de la chair faisandée descendait des arbres où l'on avait pendu le gigondelles. L'une d'elles s'écrasa au sol avec un bruit mou. Naret rampa jusqu'au pied du samicage et commença à la limocer goulûment. Le jus friboussait de sa mancrotte et il poussa un râle de plaisir.

Un viradou s'approcha. Il portait un sapolon jaune et ondulait des hanches. Comment l'éloigner ? La menace était précise et pointait vers lui. Naret se saisit de la flipette et la brandit en feulant d'une manière narquoise. La jaquette se débanda et disparut au coeur des chorènes.

Une onde de chaleur coulait à quinze pas. Naret aurait voulu s'y prélasser, mais l'arnosermicité &tait encore trop forte.

Il cueillit un pamprignon et le croqua prestement, la sève fit couler un filet glacé sur son désir.

La buche hulotte chuintait face à la bulle blafarde.

La pluie jaillit soudain du sol et elle sonnait là-haut sur la calotte avant de redescendre sur les côtés.

La vacuité ambiante le tourmentait. Il tira de sa gibasse unrecueil de parfums et se mit à le dénifler avec passion.

Comme tous les sensuels, il se livrait à ce plaisir avec la délectation de celui qui sait appartenir à une gluste supéririeure.

Le serpent-réveil se mit soudain à cracher. Naret se glissa précautionneusement dans son cocon. Ses ailes se froissèrent avec un crissement de sois. La tiédeur l'envahit. Le vent se levait. La terre était agitée. L'enfance revenait au galop. Les premiers effluves dans sa trompelle, les puissantes vibrations de ses antelles.

Il se souvint du bagne, sa vie de chenillard. Ces repas de salade, monotones, interminables. Du vert, rien que du vert, tout cela pour atteindre un jour le bleu et les parfums, à plusieurs kilotranches, l'odeur de la femouche... Gilar, ta peau diaprée, tes senteurs, tes frébissements...

L'engourdissement le saisit, des étoiles de glace s'étaient levées et des météorites tissaient leurs toiles d'or éphémères.

Gilar se dorait au soleil. Sa peau e lézard luisait. La blonde chevelure crépitait comme un bain de friture. Son sang froid bouillonnait. La mer léchait la plage avec un raclement de bafreur de soupe. Son bleu argenté métallisait au loin. Les barquasses dormaient dans la vase. Les champs d'herbes marines brunoyaient dans les criques. Un voile de voiles glissait à l'horizon. Splendeur matinale. Fraîcheur du silence. Une vouche, l'épée fourchue visque brusquement. L'insecte frétilla et cracha piteusement son lait sucré teinté de rouge mortel.

Un troupeau d'hermaphrodites paissait pacifiquement dans les foins fous. Herbes folles, folle avoine, coquelicuches, paviches et marguerotes aux coeurs violets.

Leurs gringotements fusaient au loin, affolant les sacretelles aux cannes fuselées. Un quatuor de frillons frappaient frénétiquement leurs thorax sonores, tandis que les deux cigouches faisaient sécher leurs robes frêles dans un bain d'ultraviolets.

Une ivresse flotta. L'éclair zigzaga de Naret à Gilar et leurs cerveaux entrèrent en ébullition. Une espèce d'odeur de cuisine. Des oignons en train de roussir dans l'huile. Gilar avait faim. Rlle se leva et s'humecta la cibouche en frémissant des naroches. Sa peau d'acier luisait d'un éclat bleuté et ses prunelles étincelaient. Elle croqua un chardon et mâcha longuement la tige.

Le ciel floculait en orange. Le sol trémolait avec ferveur. Le désir de Naret ondulait à travers la prairie. Un épi d'or de ficha dans la rétine de gilar qui frémit de tendresse.

Mars jetait sa clarté rougeâtre sur le paysage. Elle se courba élastiquement au franchissement d'une voûte, puis bondit souplement par-dessus un fossé soupirant. Une cascade verte luminescente la caressa au passage. Naret n'était plus loin.

 

La chasse commençit. Une inqiètude tremblait dans la lumièrejaunâtre. Un parfum aigu lui vrilla les seins. Son épiderme visquait abondamment. Un hurlement d'insecte la fit vaciller, quelque mahdubithérion affolé sans doute.

La cascouasine guettait sa proie, tapie dans les buissons et le mantifi sifflait virtuellement dans les chambrelles. Un nénuphar anthracite clignotait par intervalles.

Gilar aperçut soudain le hamac vibrant, dans les branchages. Elle s'aplatit au sol et se mit à bavouser frénétiquement.

Naret se balançait sauvagement. Le cocon éclata.

Minute folle... Les mondes basculaient. Les étoiles filaient sur le sol, l'herbe pendait au firmament. Des flaques vertes dansaient dans les yeux de Gilar. Naret contemplait des champs de jacinthes. L'onde ventrale les faisait hurler et gémir. L'infernal manège s'accélérait, déchirant le temps, du big-bang du passé à celui de l'avenir, d'un pôle à l'autre de la sphère universelle. Les comètes rugissaient, les orbites tournoyaient, les soleils explosaient à l'infini. Un parfum de mort, fade et persistant avait envahi leurs papilles et le sang coulait en abondance.

Deux énormes phagouciaux se contentaient de grucher leurs tétules.

Repos, léthargie. Baillements. Satisfaction. Ennui. Le désir est mort. Naret et Gilar vivent encore. Le nirnana est en fuite, loin derrière eux. Tous les maux, toutes les douleurs, toutes les misères, toutes le sensations, les impressions, les images, les parfums, la banalité, reviennent en masse.

Gilar happe un frelon et sa morsure dérisoire la console de la fadeur ambiante. Naret envie la douceur du cocon, sa tiédeur, son obscurité. Balancement doux de la mémoire enfantine. bercement, flottement. Berceau, rameau. Sommeil, mort, corps, battement, pulsation.

Silence.

Le lait sucré de la gigantesque fleur d'agave. Son envoûtement. Le poison qui vous évade, qui vous convie, qui vous convoie au-delà de la vie. Tranches de cactus, régal exquis des soirées embrumées.

Naret bouffait à s'en faire péter les ouïes. Gilar pleurait. Impossible de revoir un jour un tel orgasme. Sa sensibilité avait été tuée par la violence de celui-ci. Jamais. Le bonheur était derrière. Elle se sentit vieille.

Par arachnimodo - Publié dans : Fiction
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 11:44

Vous trouverez ici une rétrospective de mes réactions aux articles du Figaro. Une façon comme une autre de découvrir ma façon de penser...

Par arachnimodo - Publié dans : Pensées
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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /Avr /2009 16:27

Monde, nous sommes ta conscience provisoire,
Neurones d'un grand corps étoilé
Éclair de conscience dans la nuit du silence
Le fracas de nos armes n'atteint pas tes oreilles,
Monde, nous t'aimons malgré nos bêtises d'enfants,
Dieu sans tête et sans support
Jette un bref regard sur toi même,
Nous sommes tes yeux, nous sommes ton miroir,
Tu ne peux nous voir, entends notre voix
Qui par la puissance des forces télépathiques te parvient
Tel le murmure des fantômes évanescents
dans les maisons désertes
Monde, nous ne parlerons plus, mais d'autres, peut-être,
dans des galaxies lointaines, prendront le relais
Monde prie pour que nous ne soyons pas uniques
Oublie nous mais appelle ta conscience au renouveau
Pour qu'elle te donne le réconfort de regards
plus innocents, plus mûrs et plus paisibles.


Sylvain Gabriel

Par arachnimodo - Publié dans : Poésie
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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /Avr /2009 14:08

Bouvard et Pécuchet : l'histoire d'une amitié entre hommes

éloge de la curiosité
satire des prétentions scientifiques de l'époque
la fin de l'humanisme, devenu impossible
l'esprit encyclopédique
vision craintive des femmes (elles apportent la maladie, sont avares et corrompues, menteuses)
roman de l'échec
roman normand
autoportrait de flaubert
amitié avec louis bouillet
portrait des copistes de flaubert

*******************************************************
Le lendemain, ils eurent la visite de Placquevent.

Ces messieurs avaient beaucoup parlé. Il les engageait à se taire.

- Veux-tu savoir mon opinion ? dit Pécuchet. Puisque les bourgeois sont féroces, les ouvriers jaloux, les prêtres serviles, et que le Peuple enfin accepte tous les tyrans, pourvu qu'on lui laisse le museau dans sa gamelle, Napoléon a bien fait ! qu'il le bâillonne, le foule et l'extermine ! ce ne sera jamais trop pour sa haine du droit, sa lâcheté, son ineptie, son aveuglement !

Bouvard songeait :

- Hein, le Progrès, quelle blague !

Il ajouta :

- Et la Politique, une belle saleté !

- Ce n'est pas une science, reprit Pécuchet. L'art militaire vaut mieux, on prévoit ce qui arrive, nous devrions nous y mettre ?

- Ah ! merci ! répliqua Bouvard. Tout me dégoûte. Vendons plutôt notre baraque et allons « au tonnerre de Dieu, chez les sauvages ! »

- Comme tu voudras !

*******************************
Il questionna Bouvard sur la manière dont les libertins s'y prennent pour avoir des femmes.

- On leur fait des cadeaux, on les régale au restaurant.

- Très bien ! Mais ensuite ?

- Il y en a qui feignent de s'évanouir, pour qu'on les porte sur un canapé ; d'autres laissent tomber par terre leur mouchoir. Les meilleures vous donnent un rendez-vous, franchement.

Et Bouvard se répandit en descriptions, qui incendièrent l'imagination de Pécuchet comme des gravures obscènes.

- La première règle, c'est de ne pas croire à ce qu'elles disent. J'en ai connu qui, sous l'apparence de saintes, étaient de véritables Messalines ! Avant tout, il faut être hardi !
*******************************************************************
Pécuchet, tout en avalant ses remèdes, Bouvard, en fumant des pipes, et ils dissertaient sur les femmes.

- Étrange besoin, est-ce un besoin ? Elles poussent au crime, à l'héroïsme et à l'abrutissement. L'enfer sous un jupon, le paradis dans un baiser ; ramage de tourterelle, ondulations de serpent, griffe de chat ; perfidie de la mer, variété de la lune.

Ils dirent tous les lieux communs qu'elles ont fait répandre.

C'était le désir d'en avoir qui avait suspendu leur amitié. Un remords les prit.

- Plus de femmes, n'est-ce pas ? Vivons sans elles !

Et ils s'embrassèrent avec attendrissement.

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« Si Dieu avait une volonté, un but, s'il agissait pour une cause, c'est qu'il aurait un besoin, c'est qu'il manquerait d'une perfection. Il ne serait pas Dieu.

« Ainsi notre monde n'est qu'un point dans l'ensemble des choses, et l'univers, impénétrable à notre connaissance, une portion d'une infinité d'univers émettant près du nôtre des modifications infinies. L'étendue enveloppe notre univers, mais est enveloppée par Dieu, qui contient dans sa pensée tous les univers possibles, et sa pensée elle-même est enveloppée dans sa substance. »

Il leur semblait être en ballon, la nuit, par un froid glacial, emportés d'une course sans fin, vers un abîme sans fond, et sans rien autour d'eux que l'insaisissable, l'immobile, l'éternel. C'était trop fort. Ils y renoncèrent.
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Alors une faculté pitoyable se développa dans leur esprit, celle de voir la bêtise et de ne plus la tolérer.

Des choses insignifiantes les attristaient : les réclames des journaux, le profil d'un bourgeois, une sotte réflexion entendue par hasard.
(il semblerait là que ce pourrait être l'expression du malaise intérieur de Flaubert lui-même.)
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Le monde diminuait d'importance ; ils l'apercevaient comme dans un nuage, descendu de leur cerveau sur leurs prunelles.

N'est-ce pas, d'ailleurs, une illusion, un mauvais rêve ?
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Ils voulurent faire, comme autrefois, une promenade dans les champs, allèrent très loin, se perdirent. De petits nuages moutonnaient dans le ciel, le vent balançait les clochettes des avoines, le long d'un pré un ruisseau murmurait, quand tout à coup une odeur infecte les arrêta, et ils virent sur des cailloux, entre des joncs, la charogne d'un chien.

Les quatre membres étaient desséchés. Le rictus de la gueule découvrait sous des babines bleuâtres des crocs d'ivoire ; à la place du ventre, c'était un amas de couleur terreuse, et qui semblait palpiter, tant grouillait dessus la vermine. Elle s'agitait, frappée par le soleil, sous le bourdonnement des mouches, dans cette intolérable odeur, odeur féroce et comme dévorante.

Cependant Bouvard plissait le front et des larmes mouillèrent ses yeux.

Pécuchet dit stoïquement :

- Nous serons un jour comme ça !

L'idée de la mort les avait saisis. Ils en causèrent, en revenant.

Après tout, elle n'existe pas. On s'en va dans la rosée, dans la brise, dans les étoiles. On devient quelque chose de la sève des arbres, de l'éclat des pierres fines, du plumage des oiseaux. On redonne à la Nature ce qu'elle vous a prêté et le Néant qui est devant nous n'a rien de plus affreux que le Néant qui se trouve derrière.

Ils tâchaient de l'imaginer sous la forme d'une nuit intense, d'un trou sans fond, d'un évanouissement continu ; n'importe quoi valait mieux que cette existence monotone, absurde et sans espoir.

**********************************************************************************************
- Autant tout de suite en finir.

- Comme tu voudras, dit Bouvard.

Et ils examinèrent la question du suicide.

Où est le mal de rejeter un fardeau qui vous [?295?]écrase ? et de commettre une action ne nuisant à personne ? Si elle offensait Dieu, aurions-nous ce pouvoir ? Ce n'est point une lâcheté, bien qu'on dise, et l'insolence est belle de bafouer, même à son détriment, ce que les hommes estiment le plus.

Ils délibérèrent sur le genre de mort.

Le poison fait souffrir. Pour s'égorger, il faut trop de courage. Avec l'asphyxie, on se rate souvent.

Enfin, Pécuchet monta dans le grenier deux câbles de la gymnastique. Puis, les ayant liés à la même traverse du toit, laissa pendre un nœud coulant et avança dessous deux chaises pour atteindre aux cordes.

Ce moyen fut résolu.

Ils se demandaient quelle impression cela causerait dans l'arrondissement, où iraient ensuite leur bibliothèque, leurs paperasses, leurs collections. La pensée de la mort les faisait s'attendrir sur eux-mêmes. Cependant ils ne lâchaient point leur projet, et, à force d'en parler, s'y accoutumèrent.
****************************************************************************************
La tiède température leur procura un singulier [?298?]bien-être, et leurs pensées, orageuses tout à l'heure, se faisaient douces, comme des vagues qui s'apaisent.

Ils écoutèrent l'Évangile et le Credo, observaient les mouvements du prêtre. Cependant les vieux, les jeunes, les pauvresses en guenilles, les fermières en haut bonnet, les robustes gars à blonds favoris, tous priaient, absorbés dans la même joie profonde, et voyaient sur la paille d'une étable rayonner comme un soleil le corps de l'Enfant-Dieu. Cette foi des autres touchait Bouvard en dépit de sa raison, et Pécuchet malgré la dureté de son cœur.
******************************************************************************************


Il y eut un silence ; tous les dos se courbèrent, et, au tintement d'une clochette, le petit agneau bêla.

L'hostie fut montrée par le prêtre, au bout de ses deux bras, le plus haut possible. Alors éclata un chant d'allégresse qui conviait le monde aux pieds du Roi des Anges. Bouvard et Pécuchet, involontairement, s'y mêlèrent, et ils sentaient comme une aurore se lever dans leur âme.
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Pécuchet (et Flaubert) visionnaire(s)
"Il n'y aura plus d'idéal, de religion, de moralité.
L'Amérique aura conquis la Terre."
et Bouvard :
"On ira dans les astres, - et quand la Terre sera usée, l'Humanité déménagera vers les étoiles".

Par arachnimodo - Publié dans : Pensées - Communauté : Lettres et littérature
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Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /Oct /2008 12:06

Les objets célestes sont posés sur des plans mous qu'ils déforment. Ce qu'on appelle l'attraction n'est qu'un effet de la pente crée par la masse de l'objet à son approche. Chaque objet déforme une infinité de plans. Le trajet de la lumière, au voisinage de ces objets suit la déformation du plan et adopte une trajectoire courbe en suivant le creux formé par l'objet dans le plan mou, sans sortir du plan préalablement défini par la trajectoire. Chaque plan a une existence concrète, le tout forme le fluide de l'espace, un fluide stratifié, qui possède une densité qu'on pourrait calculer en divisant la masse manquante par le volume estimé de l'Univers.

Par arachnimodo - Publié dans : Pensées
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